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Peut on changer de syndic en cours de mandat?

Photo du rédacteur: Jérôme broc
Jérôme broc
3 sept.
3 min de lecture

« Notre syndic ne répond plus, les charges dérapent, mais notre contrat court encore jusqu'à l'année prochaine. Sommes-nous coincés ? » Cette question revient régulièrement. La réponse est plus nuancée qu'on ne le pense : non, on ne change pas de syndic aussi facilement qu'un abonnement téléphonique, mais des solutions existent bel et bien avant l'échéance du contrat.


Le principe : un mandat, un terme

Le syndic est désigné par un mandat d'une durée maximale de trois ans, voté en assemblée générale. En principe, ce mandat court jusqu'à son terme, et la copropriété ne peut pas le résilier en cours de mandat. Cette règle protège aussi bien le syndic que la stabilité de la gestion de l'immeuble.

Ce principe connait deux exceptions


Les deux voies pour changer avant l'échéance


1. La révocation pour faute

Si le syndic manque gravement à ses obligations — non-convocation d'assemblées, absence de compte-rendu, comptabilité défaillante, non-souscription d'une assurance obligatoire — le syndicat des copropriétaires peut voter sa révocation en assemblée générale, à la majorité de l'article 25 (majorité des voix de tous les copropriétaires). Il est recommandé de documenter précisément les manquements avant de porter le point à l'ordre du jour, car un syndic révoqué sans motif sérieux peut réclamer des dommages et intérêts.


2. La révocation amiable

Même sans faute caractérisée, rien n'empêche une assemblée générale de voter la fin anticipée du mandat si le syndic l'accepte, généralement en parallèle du vote désignant son remplaçant. C'est la solution la plus fréquente en pratique : plutôt qu'un conflit ouvert, les parties s'accordent sur une date de transition.


Cas concret

Prenons l'exemple d'une copropriété de 32 lots dans le 17e arrondissement. Le conseil syndical constate, sur deux exercices consécutifs, que les appels de fonds travaux ne sont jamais suivis d'un point d'avancement, que les relances de charges impayées ne sont pas engagées, et que le syndic ne répond plus aux e-mails pendant plusieurs semaines. Le mandat en cours s'achève dans quatorze mois.

Le conseil syndical réunit les pièces : échanges d'e-mails restés sans réponse, retard de plus de six mois dans l'envoi des comptes, absence de relance sur 18 000 € de charges impayées. Ces éléments sont transmis à un avocat spécialisé, qui confirme qu'ils constituent un motif sérieux de révocation.


Le point est inscrit à l'ordre du jour de l'assemblée générale suivante, accompagné d'une consultation de syndics candidats au remplacement. Lors du vote, le syndic en place, informé en amont du dossier, préfère négocier un départ amiable avec une date de transition à deux mois plutôt qu'un contentieux. La copropriété désigne son nouveau syndic dans la foulée, évitant ainsi une vacance de gestion.

Ce scénario illustre un point clé : la menace crédible d'une révocation pour faute pousse souvent à une solution amiable, plus rapide et moins coûteuse qu'une procédure contentieuse.



En synthèse :


  • Le changement de syndic en cours de mandat reste l'exception, pas la règle.

  • Il exige soit une faute documentée, soit l'accord du syndic en place.

  • Un dossier factuel solide (dates, relances, montants) est la meilleure arme de négociation, même si l'objectif final est un départ amiable.

  • La transition doit être anticipée : convocation de l'AG, désignation du remplaçant, transfert des fonds et archives, dans des délais encadrés par la loi.

Un conseil syndical qui documente ses griefs au fil de l'eau, plutôt qu'au moment de la crise, se donne toujours la meilleure position de négociation.

 
 
 

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